Compte-rendu ( très réduit ) de la Journée Jean-Jacques Rousseau de la 10ème saison de l’ŒIL d’après le résumé de la transcription littérale par Jean-Marc Rigolet.

Le « Comment lisent-ils Rousseau ? », a eu lieu le 18 novembre 2006, à la Cité des Arts de Chambéry devant un public très nombreux, attentif et participatif. L’auditorium de la Cité (250 places) était plein. La qualité remarquable des interventions, des questions et des remarques venant du public contribua largement à la qualité des débats. Une même passion courait des gradins à la scène, tout cela dans une atmosphère sereine, presque joyeuse.
La revue Europe en publiant son numéro n° 930 d’octobre 2006 consacré à Jean-Jacques Rousseau nous donna l’occasion d’imaginer une rencontre autour de Rousseau. Pour en célébrer la parution, il fut décidé, en réponse à la commande et au soutien du Conseil Régional Rhône-Alpes, avec l’appui de la Mairie de Chambéry, et du Conseil Général de la Savoie, de réunir quelques-uns des intervenants, tous spécialistes de notre auteur et du dix-huitième siècle, retenus par Jean-Baptiste Para, directeur d’Europe. Ce dernier leur proposa leur lecture d’un texte de Rousseau, sans se référer directement à leur propre contribution au numéro d’Europe.
On a ainsi pu entendre les interventions de Michel Delon, Alain Grosrichard, Yannick Séité, Jean-François Perrin, Pierre Bergounioux, Bernard Fauconnier. Lionel Bourg annoncé, dut malheureusement, pour des raisons de santé, renoncer à y participer. On a lu, pour saluer néanmoins sa présence parmi nous, en fin d’après-midi, un fragment de son article « A hauteur d’homme » paru dans Europe.
Contrepoint à ces riches échanges, on n’oubliera pas une lecture toute en nuances par Maryvonne et Bernard Mongourdin de quelques répliques des dialogues de « Rousseau juge de Jean-Jacques. »(On peut en entendre de courts extraits sur le site de l’œil http// perso.orange.fr/œil-chambéry/ encadrés par la musique du « Devin du Village », de JJR.

Il faut écrire aussi qu’à deux reprises, par de trop courtes respirations musicales, ponctuant la matinée et la fin de la rencontre : Daniel Morice et Sophie Mangold, altistes, Nathalie Petit-Rivière, pianiste et Marie-Hélène Vuillerme-Ruscher, chanteuse, professeurs à la Cité des Arts de Chambéry, nous ont offert quelques moments d’émotion avec des morceaux de Gluck, Leclair, Mozart et Rameau. Ce fut une façon de rendre hommage à l’artiste Rousseau, comme à l’écrivain
L’actualité de Rousseau surgit à travers le regard croisé d’écrivains d’aujourd’hui et de chercheurs universitaires, tel fut l’enjeu déclaré de cette belle journée, intense et passionnante.
***…Pour Yannick Séité, de toute façon, il faut lire Rousseau. Le génial Rousseau, qui nous plaît, et le Rousseau exaspérant. Il faut aller au bout de la lecture de Rousseau, même si l’on pense qu’il n’est pas le meilleur Rousseau, c’est un Rousseau qui fait penser, qui fait réagir, qui fait résister. Evidemment ne pas tout lire, mais lire certaines choses à fond. Y.S. dit que JJR n’a pas besoin d’intermédiaires, on doit pouvoir le lire sans médiateur.

Chez JJR, ce qui lui semble mériter l’attention, c’est une double puissance.
*Puissance de pensée et de faire penser. Il est un consultant des choses de l’âme. « Il est impossible d’obtenir jamais dans l’opinion des autres la place qu’on y prétend. Une seule exclusion tourmente plus que ne flattent cent préférences ». « L’homme qui pense, qui médite est un animal dépravé ». Penser, c’est être assis tout le temps, on a mal au dos ou ailleurs, on a mal aux yeux. Penser rend malheureux, parce qu’on finit par avoir une distance critique avec les choses
*Et puissance de charme. Se méfier aussi de cette séduction entre charme et fascination. Malebranche à propos de Montaigne « Il écrit n’importe quoi, mais c’est tellement bien écrit qu’on le croit et qu’on a envie de le suivre ». Se méfier de ça. Y.S. cite Voltaire dans sa critique acerbe de la Nouvelle Héloïse : « Cette plume brûle le papier »
Il y a chez JJR des formules incandescentes et provocantes et se sachant telles. Avec Shakespeare, JJR est l’écrivain qui a suscité le plus de littérature secondaire…
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Bernard Fauconnier analyse et fait ressortir, comme l’une des clés de la pensée et de la réaction de JJR face au monde, le vertige. En mettant en regard deux extraits des Confessions : l’un sur ses difficultés d’écrivain, l’autre sur l’évocation des promenades, B.F. insistant principalement sur l’œuvre de l’écrivain.
Je crois, dit-il, qu’on n’a jamais mieux écrit le français que ce Jean-Jacques, et son rapport prophétique à la nature deviendra par la suite le grand sujet des Romantiques. Rousseau fait partie de ceux qui ont touché, caressé le vertige, l’abîme, bien avant les Romantiques. Vision du vide, vision d’un certain absolu dont il rêve, dont il se méfie aussi. Comme tout écrivain, plus que tout autre écrivain, il s’affole devant les possibles, devant la feuille blanche. « Je n’écris point de lettre sur les moindres sujets qui ne me coûtent des heures de fatigue. Ou si je veux écrire de suite ce qui me vient, je ne sais ni commencer ni finir. Ma lettre est un long et confus verbiage. A peine m’entend-t-on quand on la lit. »
Rousseau est un auteur qui continue à poser de très sérieux problèmes au lecteur, parce que c’est le penseur des confins, des limites. Il serait intéressant de voir comment le statut de philosophe et le statut d’écrivain chez Rousseau se mêlent, ce qui embarrasse fort un certain nombre de gens, les littéraires comme les philosophes.
La dimension autobiographique est extrêmement importante chez Rousseau. Voilà cet homme qui a fait ça, le voilà tel qu’il est. Cela ne veut pas dire qu’il nous dise toute la vérité, cela veut dire qu’il essaie de lier son propre corps, sa propre expérience à la pensée que ce corps et cette expérience ont produit, c’est une démarche très honnête. Cette pensée se nourrit de lui-même, cette pensée se nourrit d’une expérience humaine. Il le dit, il l’avoue, il nous donne les clés de sa formation, de sa création dans ces textes autobiographiques.
Sur le plan de la pensée JJR a pris tous les risques, jusqu’à se faire haïr,
Il s’est fâché avec tout le monde. On est totalement subjugué par une telle audace, par cette violence de la radicalité de sa pensée, cette pensée à conquérir : volonté de refonder quasiment de fond en comble l’espèce humaine, réinvention qu’il a considérée être proposée à la société. Tout a mal commencé, toute cette affaire d’homme est mal engagée, il faut tout reprendre. Cette radicalité se trouve dans tous ses écrits politiques. Rousseau est-il un écrivain des Lumières ou toute autre chose ?...
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Michel Delon engagea sa contribution sur le rapport difficile aux livres de Rousseau : Je me suis décidé plutôt pour une pratique un peu magique qu’on appliquait parfois aux grands textes religieux ou littéraires, qui est celle d’ouvrir au hasard. M.D. lit alors une page du début de la cinquième partie de « La Nouvelle Héloïse » dans laquelle les deux amants séparés, correspondent par une lettre aux marges de l’oeuvre, entre l’oeuvre et la vie : penser ou ne pas penser ? Bien sûr, il vaudrait mieux ne pas penser, mais une fois qu’on a commencé, on ne peut pas ne pas continuer. « Voulez donc n’être qu’un bon discoureur comme les autres et vous borner à faire de bons livres au lieu de bonnes actions ? » Peu de temps après sa rencontre avec JJR, Diderot écrira sur ce thème : que vaut-il mieux, écrire un beau livre ou faire une bonne action ? Diderot prend comme exemple le grand philosophe Voltaire, grand écrivain reconnu par tout le monde, même par les ennemis de sa philosophie. En fin de compte, qu’est-ce que la postérité va retenir de Voltaire ? M.D. cite des œuvres de V. qu’on ne lit plus du tout, (mais qui étaient les grandes œuvres dans la hiérarchie classique), ou bien être intervenu pour la famille Calas et avoir fait réhabiliter un innocent condamné à mort et roué ?
M.D lit une autre page : « écrire, c’est atroce d’écrire, on s’arrache les tripes et une fois qu’on a commencé à écrire, on ne peut pas ne pas écrire . et vous voulez écrire de bons livres plutôt qu’agir ! » JJR nous dit que le seul philosophe vivant est un obscur bibliothécaire de Genève, quelqu’un de la multiplicité des livres, et non du Livre, et qui aide à les faire lire. Sa véritable gloire, c’est d’avoir su rester peu connu, savant et modeste. A noter dans ce même passage, cette opposition qu’il fait entre capitale/province, mais c’est plutôt les périphéries par rapport au centre qu’il faudrait rétablir… Paris est la capitale du bon ton, du bien écrire, de la philosophie médiatique, officielle. Et JJR dit : la vraie philosophie est d’être peu connue. Elle ne va pas être du côté de la médiatisation, des flonflons, des tam-tams. Elle est dans la vérité du travail quotidien, des rapports humains…
…Et Michel Delon de conclure : « Un grand roman d’amour prend cette castration comme emblème, Héloïse la maîtresse d’Abélard, le philosophe castré, châtré. On a l’impression que toute l’œuvre de Rousseau est dans ce paradoxe d’un vide central ou d’un malaise fondamental. Et je crois, que c’est pour ça qu’on l’aime et pour ça aussi qu’on a le droit de le haïr. »…
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Alain Grosrichard nous lit un passage des Confessions qui se trouve dans le livre 7 pour illustrer l’écoute de cette voix de la conscience immortelle et céleste, la manière de JJR de penser et d’appréhender les choses, en soi-même et dans la nature.
« Lorsque le texte que je vous ai lu a été écrit, JJR était employé comme secrétaire de l’ambassadeur de France mais il ne parle pas du tout de ses occupations diplomatiques ; il évoque, disons, la compensation à ce travail, que sont les plaisirs qu’il prenait à Venise. Et parmi ces plaisirs, il y a la découverte de la musique italienne, qui fut pour lui une véritable révélation, entraînant une véritable conversion de type presque religieux, au moins dans le récit qu’il en fait dans les Confessions. Il avait des préjugés et il trouve en Italie, une sorte de musique qu’il ressent comme la musique même en rapport avec la nature. Cette nature qui fait qu’il est capable de juger de la vraie musique.
C’est le moment de sa conversion d’une esthétique de la musique française, celle de Rameau etc…, à cette musique italienne qui va l’opposer à Rameau dans une guerre en 1753 qui, à travers ce conflit entre deux choix musicaux est aussi un conflit qui a des répercussions politiques, parce que la musique française, c’est la musique de l’opéra, la tragédie lyrique, qui est liée à la monarchie française, etc... et donc quelque chose qui a rapport à l’institution politique, alors que la musique italienne, pour laquelle prennent parti les principaux philosophes, comme Diderot ou d’autres, est au fond une musique contestataire, contestatrice et d’une certaine manière subversive…
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Pierre Bergounioux :
…Vous me demandez pourquoi j’ai choisi de vous lire ici la fin de « La lettre à d’Alembert » ? Parce que je suis français comme on dit. Au sens où être français, c’est dépouiller, en toute connaissance de cause, toute espèce de particularités autres que l’humanité, au nom de laquelle, nous nous adressons à nos frères humains, si l’on peut dire. La Révolution française est en partie la fille de Rousseau. Et, lorsque les patriotes constitutionnels publient la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » le 26 août 1789, ils disent que tous les hommes, et non pas seulement les Français, naissent égaux et libres. J’ajouterais qu’il y a cette observation que j’ai trouvée dans les essais politiques de Hume, qui constate que finalement, les hommes, sous le rapport de la puissance physique et du discernement sont assez proches les uns des autres, et qu’avec un certain recul, on constate que l’espèce est une et que les distinctions ne sont peut-être pas fondées…
…Donc, je suis attaché tout particulièrement au personnage de Rousseau, à sa figure, à son œuvre bien évidemment ; c’est sans doute le premier écrivain politique plébéien qui imprime, à une disposition qui était d‘ores et déjà perceptible dans les périodes antérieures, quelque chose à quoi, je crois, je demeure farouchement attaché, l’égalité, et peut-être d’autant plus qu’il semblerait que ce soit une chose que nous soyons en passe d’oublier. Il est celui, qui, à une certaine heure inscrite au cadran de l’histoire, rassemble tout cela, de très anciens éléments issus de la religion chrétienne, de l’égalitarisme chrétien. L’égalité est quelque chose d’irrationnel, de même la réclamation égalitariste est essentiellement irrationnelle…
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Jean-François Perrin, nous offre dans sa contribution, une analyse du deuxième dialogue de « Rousseau juge de Jean-Jacques », écrit entre 1772-76, et nous lit le passage qui commence à partir de la fin de l’enquête sur laquelle porte principalement ce dialogue. Un passage que j’avais choisi, parce qu’il va bien avec ce que tout le monde a lu ici des rêveries, la cinquième promenade, la rêverie au bord de l’eau à l’île Saint-Pierre .
C’est donc une enquête sur le seul spécimen existant par hypothèse dans la société du 18ème siècle à Paris, sur l’homme de la nature éclairé par la raison. Le saisir méthodiquement, scientifiquement, en essayant d’attraper tout ce qu’il pourrait dire, laisser échapper de lui-même, hors contrôle.. L’enquête porte sur le rapport entre son tempérament, l’équilibre et ses humeurs, ses caractéristiques physiques et physiologiques, et son caractère. C’est une enquête qui se déroule en deux temps.
Premièrement, une observation quasiment anthropologique, la plus objective possible, compte tenu des méthodes de l’époque. C’est Buffon, regardant cette espèce d’animal bizarre, vivant au quotidien dans sa cage, tout le temps, avec lui, avec une méthode et ses conséquences.
On construit l’observation qui aboutit à ce résultat : c’est un tempérament mixte : il est physiologiquement plutôt lourd, son cerveau est pesant, il ne marche pas très bien. Et il a le cœur ardent, et le cœur, c’est l’âme. Et il fait que, de cette contradiction-là, entre une tête pesante, embarrassante et une âme sensible, seulement sensible il fait ce qu’il a à faire dans cette enveloppe-là. Le résultat, c’est une démarche d’observation et de réduction.
Deuxièmement succède alors un portrait déductif. On pose deux principes, on propose toute une série de déductions et on habille le tout en histoire. Une déduction des hypothèses. On va imaginer un cas où on aurait ces données-là, tempérament plutôt embarrassé, lourd et un cœur ardent, et on va essayer de déduire ce que cela pourrait bien donner, par hypothèse, par conjecture, en homme naturel éclairé par la raison…
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La débat entre la salle et les intervenants s’engage alors à partir de la question posée le matin : Rousseau est-il ou non « des Lumières » ?
…Pour Yannick Séité, Rousseau est insupportable à ceux qui en sont (des Lumières) et également insupportable aux anti-Lumières…
Alain Grosrichard tente alors une définition des Lumières, suivi d’une réhabilitation d’un Rousseau tout autant écrivain que philosophe, et d’une non séparation de l’auteur et de son œuvre…
Yannick Séité reprend la question : Qu’est-ce que les Lumières ? Pour Ernst Cassirer dans son célèbre livre La philosophie des Lumières, c’est le refus de la tutelle, c’est de se secouer avec les outils qui sont les nôtres. Aucun des philosophes ne peut s’illusionner. La raison, par exemple. pour Voltaire et Rousseau, c’est le même combat…
… Il ne faut pas oublier, reprend Jean-François Perrin, que dans les Dialogues, il y a des textes qui sont brûlants contre les philosophes. Tout le travail des Dialogues, c’est, pour Rousseau, d’analyser l’impact de sa propre pensée, venue de l’intérieur des Lumières, contre ceux ou vis-à-vis de ceux qui ne sont pas d’accord, au sein des Lumières…
Bernard Fauconnier souligne que dans les Lumières, les choses sont assez bien réparties, droite, gauche, les libéraux, les centristes et puis il y a Rousseau. Lui, on ne sait pas trop bien où le placer. Il est tout le temps dans une espèce de paradoxe, de contradiction...
Jean-Baptiste Para propose alors d’amener le questionnement jusqu’à aujourd’hui : Est-ce que vous pouvez donner votre sentiment, votre analyse, votre réflexion sur ce qui, de près ou de loin ressemble, en ce moment, à un assaut assez frontal contre les Lumières ?...
Pour Jean-François Perrin, c’est une question très compliquée : je ne suis pas persuadé que cela se passe ainsi en ce moment. Je pense qu’il y a une approche critique. Il y a plutôt un débat au sein des gens qui s’intéressent aux Lumières aujourd’hui, sur la signification qu’on peut leur donner, sur la compréhension qu’on peut en avoir. D’aucuns trouvent qu’elles sont trop européo-centrées, d’autres ont envie de mettre l’accent sur des éléments critiques au sein des Lumières, sur lesquels, on n’a pas nécessairement toujours mis l’accent…
Yannick Séité reprend :
Le fait que nous n’ayons pas le sentiment, nous « spécialistes », de sentir l’avenir menacé. Je pense, par exemple, à la belle exposition qui a eu lieu à la BNF, il y a six mois, sous l’égide de Tvetan Todorov, qu’on peut aussi interpréter comme une sorte de réaction, d’exhibition, d’exposition, en réaction, en défense et illustration, et que pourtant, le discours, relayé par les médias, peut donner l’impression d’une attaque contre les Lumières, contre la raison, ou des choses comme ça. Les deux sont vraies en même temps…
Pierre Bergounioux :
Rousseau appartient à cette lignée d’écrivains énormes, universels qui comprend Cervantès, Shakespeare, Montaigne, Rousseau. Sans doute nul ne s’est avancé aussi loin qu’eux dans l’océan des ténèbres où nous sommes ensevelis. Nul ne s’est porté aussi près du cœur, comme vous voudrez, rougeoyant, incandescent, terrifiant, je ne sais pas trop quoi, de l’être, de l’énigme tragique, terrifiante de la condition humaine.
Et rien n’est plus exaltant que la figure de ce plébéien du dix-huitième siècle, qui embrasse d’un seul et même regard aussi bien les plus petites choses, la vie infime, misérable d’un homme ; et le monde social, le monde politique qui rendrait peut-être cette vie moins misérable, moins malheureuse…

Pour finir la journée, Jean-Baptiste Para pose la question de l’écrivain et son ombre portée.
Alain Grosrichard, Bernard Fauconnier et Jean-François Perrin apportent chacun leur réponse.
Pour conclure, JBP tente sa propre définition : « Une espèce d’ombre secrète, ou obscure qui se posait sur l’écrivain et qui, je dirais, pouvait, pour l’appeler autrement, être le foyer profond où réside ce qui anime son écriture. On pourrait appeler cela l’improbable mystérieux centre de gravité d’une œuvre. Pour vous, pour le formuler autrement, est-ce qu’il y a un centre de gravité dans cette oeuvre, un foyer, en gros, une quête obscure par où passerait finalement à un moment ou à un autre, tous les fils dont elle est tissée ?
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Rendez-vous est pris la saison prochaine de l’ŒIL pour une nouvelle Journée Jean-Jacques Rousseau autour de l’Emile et de l’Education.

site de l’ŒIL : http://pagesperso-orange.fr/oeil.chambery/